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Bonchev
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Bojidar Bonchev

Artiste bulgare

 

L’art de Bojidar Bonchev échappe à toute définition — il n’y a pas de sujet bien qu’il y ait une mise en scène ; il n’y a pas de thème, pourtant c’est d’un genre propre ; il n’y a pas d’utilité, toutefois l’objectif est précis. Cet art ignore les genres même s’il s’exprime par le biais de la céramique.
À l’origine, Bojidar Bonchev est un conteur. Si l’on s’aventure à l’intérieur de son art, on s’y perd, comme dans un labyrinthe. Le je-ne-sais-quoi d’inhabituel, dans les images produites, attire le spectateur tandis que leurs fractures éveillent l’impression que l’on ressent entre rêve et réalité. Pendant vingt-cinq ans, la carrière créative de Bojidar Bonchev a influencé les professionnels et le public, de telle façon qu’une école est née et aussi un cercle d’admirateurs. Et comme cela est fréquent dans les métiers de la création, les adeptes deviennent des imitateurs et les admirateurs deviennent des disciples et amis. Le développement de cette situation était prédéterminé, du fait que les oeuvres de Bojidar Bonchev ont une authenticité et une profondeur inégalée par rapport à celles de ses imitateurs. Les idées de Bojidar Bonchev se focalisaient de plus en plus sur le bien social dans lequel ses admirateurs (devenus par la suite ses disciples) se sont représentés. Les conflits, le drame, la confusion entre l’apparence et la réalité, la nervosité de l’existence se fondaient dans son art d’une manière de plus en plus évidente.
Au regard d’un tel contexte, une question vient à l’esprit : pourquoi l’auteur a-t-il eu recours à la céramique comme moyen d’expression ? La réponse se trouve probablement dans le fait que la céramique permet à la fois l’expression de la sculpture, de la peinture, du dessin, de l’objet… et paraphrase également chacun d’eux de telle sorte qu’ils deviennent admirables, intimes, tangibles. Dans un tel contexte, Bojidar Bonchev est fidèle à l’ancienne tradition de la céramique. Cependant, cette fidélité comporte un germe de polygamie et une interprétation plutôt multiple. Cet art s’apparente à un conte de fée qui ne finit pas, que nous pouvons lire et relire et qui nous rappelle que nous vieillissons, alors qu’il reste éternellement jeune.
Placée sur la trajectoire de son temps, l’oeuvre de céramique de Bojidar Bonchev se transforme en une route — que l’on peut estimer relever de la création — qui, dès que nous la traversons, nous implique à la fois comme la réalité et le conte de fée.

Dimitar Grozdanov,
artiste, historien et critique d’art
éditeur de l’Art en Bulgarie Magazine

 

Lieu d'exposition Résidence d’artiste «La Pucelle » à Prévelles